Résignez-vous  !

édito

Tribune libre accordée au top 10 des fortunes belges  : Albert Frère, Filip Balcaen, Luc Bertrand, Jan De Nul, la famille Colruyt, la famille de Spoelberch, les Barons Emsens, les Barons Janssen, le Baron Jean-Pierre Berghmans et le Baron Dominique Collinet.

Nuit Debout, Merci patron, Demain, les mouvements de grève et toute une série de dangereuses initiatives locales pourraient faire miroiter quelques utopies communisto-hippies, des rêves bafouillant une autre société. Pourtant, la Belgique doit se préoccuper de choses bien plus sérieuses, concrètes et – surtout, surtout – réalistes  : notre objectif principal doit être une croissance en augmentation de 0,2 % à l’horizon 2034.

Aux quatre coins du pays, les énergies s’éparpillent. Les uns veulent «  autre chose  » (page 12), les autres veulent moins travailler (page 17). Que d’énergies perdues, lorsque l’on réalise que l’on pourrait obtenir la même croissance que la Chine, si l’on avait l’audace d’adopter le train de vie (et de travail) de Chun Li, 8 ans. On nous parle d’«  éducation populaire  »  : nous sommes pour  ! Mais alors, de grâce, faites passer le mot aux élèves  : il faut accepter la réalité du marché. Enseignez donc les lois du marché et la liberté (inaltérable  !) de bien fermer sa gueule.

Heureusement, jusqu’à aujourd’hui, les vipères militanto-gauchistes n’ont pas réussi à se rassembler. Notre campagne médiatique a marqué quelques points  : les étudiants sont à la niche ou presque (page 14), les travailleurs sur les rotules, les syndicats montrés du doigt (de préférence le majeur). La Nuit Debout liégeoise en est un parfait exemple. Et puis, bon, copier les Français, c’était aussi intéressant que de copier les Espagnols (page 10). Attention, tout de même, aux livres d’histoire et dangereux souvenirs des pseudo-révoltes du passé (page 3).

Face à cette tendance générale, nous, top 10 des plus grandes fortunes belges, lançons un appel révolutionnaire  : le mouvement des résignés  ! Que tout le monde se retrouve sur les places publiques pour exprimer sa bienveillance envers le système actuel. Répétez à l’envi que le capitalisme est le moins pire des systèmes. Que les mécontents aillent voir en Corée du Nord, tiens. Renvoyez toute notion d’alternance à l’URSS et aux nazis. Et pour ceux qui auraient néanmoins des velléités insurrectionnelles, proposez-leur une révolte light, factice, bref, résignée (page 6).

De la même manière, n’hésitez pas à insister sur l’inefficience de la démocratie «  directe  ». Balancez-leur par exemple  : «  Comme si on avait le temps pour les blablas  !  » Et pan  ! Pour les plus tenaces, envoyez une réprimande cynique  : «  Mais enfin, Bertrand, tu vois bien que personne ne te suit dans tes idées.  » Ou mieux, faites-le culpabiliser, renvoyez tout à l’individu  : «  T’as qu’à les héberger, toi, les Syriens ; t’as qu’à les créer, toi, les emplois ; t’as qu’à le mettre en place, toi, le nouveau système.  »

Attention toutefois à ne pas répéter trop souvent ce dernier argument. Il ne faudrait pas que, piqués dans leur orgueil de dominés, ils finissent par le faire.

Quatre commentaires sur ­« Résignez-vous  ! »

  1. Rétrolien : Best Writing Service

  2. Rétrolien : grenzen meiner sprache bedeuten grenzen meiner welt essay

  3. Rétrolien : Best Writing Service

  4. Rétrolien : Best Writing Service

Les commentaires sont fermés