Qui c’est celui-là ? Patrick Buisson

Depuis un certain temps déjà, chez nos voisins français, on reproche au président « Sarko 1er » et à son parti l’UMP la « droitisation » de leur discours. Nicolas Sarkozy n’hésiterait plus à fouiller les fonds de tiroirs du FN à la recherche d’idées (creuses). Les mauvaises langues vont même jusqu’à dire que le Président et Jean-Marine se rendraient coup pour coup les « droites », œil pour œil dans les dents ! Mais le petit Nicolas s’est-il embarqué seul dans ce périlleux voyage aux confins de la droite ?

Si l’on connaît bien certains lieutenants de la Sarkozie, les Guaino et Guéant, d’autres préfèrent profiter de cet anonymat protecteur qu’offrent les diverses antichambres de l’Élysée, motus et bouche cousue. Parmi ces derniers, il en est un qui domine nettement l’arène…

Le parcours du militant

Patrick Buisson, après avoir étudié l’histoire et les lettres, s’oriente vers le journalisme. Mais atten­tion, pas n’importe quel journalisme. Buisson, ardent défenseur des thèses d’extrême droite depuis sa plus tendre enfance, entend afficher son engagement politique au sein de l’hebdo satirique proche du FN, Minute. Il « collabore » aussi à la revue Militant, directement liée au FN. Quelques années plus tard, il continue son bout de chemin (de croix) et passe par la rédaction de l’hebdo Valeurs actuelles, déjà un peu moins extrême, puis LCI et enfin Histoire, toutes deux des chaînes du groupe TF1.

Beau de loin, loin d’être beau

De loin, ce parcours semble donc l’éloigner petit à petit des extrêmes et le ramener au bercail républicain. Mais gare à celui qui chercherait en Patrick quelque signe de transition démocratique car il ferait buisson creux… L’homme l’a bien compris, pour distiller ses idées fielleuses au plus grand nombre, il faut avoir accès aux tribunes. Qui dit tribune, dit tribun. Et quel meilleur tribun que M. le Président de la République en personne. En 2005, c’est le tournant. Utilisant son talent d’analyste politique, il prédit le rejet français du traité constitutionnel européen. Cette prédiction réussie éveille la curiosité d’un dénommé Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur. Des contacts sont noués, les hommes se lient d’amitié et Buisson devient une sorte de conseiller privé.

Et très vite le consigliere se mue en véritable oracle. Ainsi incrusté confortablement dans l’entourage proche du président, il peut enfin révéler son vrai visage, celui de Dark Buisson. Il va petit à petit entraîner le jeune Nicolas Sarkwalker du côté obscur de la force. S’ensuit alors une longue descente aux enfers. Sous l’emprise du mal, Sarkwalker enchaîne les prises de positions de plus en plus conservatrices et renoue avec un vocabulaire et une symbolique frontistes. Reviennent sur le devant de la scène les questions sécuritaires, identitaires et d’immigration et passent aux oubliettes les « difficultés » économiques et sociales. Désormais, on ne parle plus que de Roms, de banlieues, de burqas et de Lampedusa…

Alors, tous ensembles, tentons l’impossible et sauvons Sarkwalker des griffes du méchant Dark Buisson avant qu’il ne soit trop tard et qu’il ne devienne Dark Sarko. La France ne survivrait peut-être pas à une telle sith-uation.

Dessins de Xavier Delucq. Article publié en page 11 du Poiscaille n° 12.