Qui c’est celui-là ? | Mitt Romney

Mais qui est donc cet homme à l’allure de bon père de famille qui fait trembler Obama ? Il s’appelle Mitt (pour les intimes) et cela fait déjà un petit temps qu’il s’est promis de devenir un jour le président des Etats-Unis. Ce mormon de 64 ans, père de cinq enfants, aussi à l’aise à l’écoute d’un sermon que face aux ovations, se sent prêt à franchir tous les obstacles. D’abord, il faudra battre ses concurrents républicains « maison » pour ensuite aller casser du Barack

Né à Détroit au sein d’une famille nombreuse, le petit Mitty a très vite l’occasion de se frotter au monde de la politique. Son père, d’abord manager et sauveur de la célèbre « American Motors », se lance ensuite dans l’arène politique côté républicain, il sera élu sénateur du Michigan à deux reprises. Mitt, impressionné par son père, ce héros, souhaite suivre cet exemple. Il décide donc d’étudier l’économie et le droit mais pas n’importe où, Romney Junior se distingue à Stanford et Harvard, rien que ça.

Mormon fait son baluchon

Ses diplômes en poche, Mitt part pour Le Havre comme missionnaire, c’est une tradition dans la famille Romney. Pendant plus de deux années, il sillonne l’hexagone pour convertir dans la joie et la bonne ferveur. Mauvaise nouvelle, les tricolores sont réfractaires à la bonne nouvelle. C’est une période difficile pour le jeune-homme, mais il s’accroche et très vite prend les rennes de la mission française. Et son travail acharné et sa diligence font merveille. Quand il quitte la mission, plus de 20 baptêmes sont célébrés chaque mois.

Shipping up to Boston

Revenu aux USA, c’est à Boston que Mitt Romney trouve un poste de consul­tant. Ses talents d’économiste lui permettent de gravir rapidement les échelons de la boîte. Sa spécialité : sauver les sociétés proches de la faillite. Mais malgré plusieurs succès retentissants, Mitt a déjà la tête ailleurs. En 1994 il présente sa candidature à l’élection sénatoriale du Massachussets. Si Romney livre une campagne brillante, il perd pourtant l’élection de peu. Cet échec sera court. 1999, l’organisation des J.O. d’hiver de Salt Lake City tourne au drame, on en vient presque à hypothéquer les futures médailles d’or pour rembourser les créanciers. On propose alors la mission impossible à Mitt, « Saving Private Salt Lake ». Il s’attelle au projet, deux ans plus tard, les jeux d’hiver de 2002 sont une grande réussite, les organisateurs engrangent 100 millions de bénéfices. Le vrai Mythe est né. Auréolé de ce succès, Romney se présente et remporte l’élection de gouverneur du Massachussets.

Opération maison blanche

Après une première tentative avortée en 2008, faute de partisans dans une campagne trop riche en candidats, trop pauvre en idées et dominée par un McCain en vétéran « cryogénisé », Romney décide de retenter sa chance aux prochaines élections de 2012. Face à lui, le Texan Rick Perry et la femme forte du congrès Michele Bachmann. Pour sortir du lot, Mitt radicalise ses propos, il faut convaincre les éléphants ultra-conservateurs du parti. Lors des débats télévisés, il se lance dans des tirades dignes d’un Moroni© des temps modernes. Le membre de l’Église de Jésus-Christ des « seins » des derniers jours, multiplie les attaques à l’encontre des libertés sexuelles, des questions d’avortement et des recherches scientifiques sur les cellules souches. Il milite également pour une politique d’immigration ferme et de repli, proposant notamment d’annuler les aides à l’accès aux études des immigrés illégaux.

La route vers l’élection présidentielle du 6 novembre 2012 est encore longue… et tortueuse. Mitt Romney peut encore trébucher face à ses nombreux rivaux républicains d’abord et face à l’élu démocrate ensuite. Quoi qu’il en soit, du côté de la Maison Blanche on a cru voir un Rom « i » ney et on commence à avoir peur.