Pas si sales, ces gosses

« Une comédie de plus avec Chabat », pense-t-on lors du premier tête-à-tête avec l’affiche des Gamins. Malgré toute la sympathie qu’on peut éprouver pour l’ex-nul, admettons qu’il est abonné aux daubes. « Ah merde, c’est lui Max Boulbil », conclura-t-on après un second nez à nez. Hé oui, l’humoriste en herbe aux chansons crétins partage le devant de la scène. Tout ça fleure le comique pipi-caca ? Détrompez-vous.

La peur de l’engagement amoureux constitue un thème trèèès éculé au cinéma, surtout pour celui se targuant de drôlerie. L’originalité provient ici de son origine : Gilbert, le potentiel beau-père de Thomas, le dissuade de se marier avec sa fille car « c’est toutes des casses-couilles » (il s’agit d’une citation, je suis innocent, chères lectrices).

Les deux ennemis deviennent compères et enchaînent les conneries, le jeune se voyant vieux et le vieux redevenant jeune. Sorties en boîte, pétards dans le parc, bourrage de gueule et j’en passe. Ils fuient les filles, l’adulte ne pensant qu’à l’humanitaire et la future, qu’à la bague au doigt. La naissance de cette complicité provoquera plus d’un sourire chez le spectateur, le tandem fonctionne, impossible de prétendre le contraire.

Le scénario n’échappe pas aux écueils classiques des comédies : on le voit venir de très loin avec ses gros sabots. Ce schéma du héros qui renie sa situation pour ensuite se rendre compte de son erreur et essayer d’y revenir, le public le reçoit comme un patron archétypal narratif archiconnu et n’esquissera aucune surprise.

Mais ce genre de comportements extrêmes des personnages permet surtout leur comique. Et on appréciera, au-delà des vannes classiques, un panel agréable de micro-satires disséminées çà et là : Twitter, les restaurants huppés, les jeunes de banlieue, l’industrie du disque, etc. sont criblés par un humour subtil et propre.

Ce genre d’effort se doit d’être salué. Si ces Gamins ne méritent pas le statut d’incontournables, soyez assurés que leurs bêtises vous divertiront comme un film de cet acabit se doit de le faire, et avec une délicieuse valeur ajoutée.

Les Gamins, d’Anthony Marciano, avec Alain Chabat, Max Boulbil, Sandrine Kiberlain, Alban Lenoir…