On la connaît ta chanson, Parker ! (1/2)

Grâce à des lieux comme le Blues Sphere, le jazz est une musique qui peut perdurer à travers les époques. L’intérêt pour cette musique ne doit jamais être abandonné, et c’est pourquoi, ce mois-ci, Le Poiscaille vous renvoie à quelques films qui ont pour thème cette musique endiablée. De quoi réveiller Boris Vian d’entre les morts !

Connaissez-vous Robert Altman ? Pour ceux qui ne le connaîtraient pas ou peu, sachez que ce cinéaste n’a pas sa caméra dans sa poche. Ses plus grands classiques raillent l’armée américaine (M.A.S.H., 1970), le mythe du cow-boy conquérant (Buffalo Bill et les Indiens, 1976) ou tout simplement l’Américain Moyen (Short Cuts, 1993). Kansas City, quant à lui, mêle habilement l’ambiance des films de mafia avec une bande-son continuellement jazzy.

Années 30, crise économique et tout le toutim. Blondie, jeune femme au caractère très fort et plutôt inconsciente, vient d’apprendre que Johnny, son mari, a été kidnappé par la mafia afro-américaine suite à un casse raté contre celle-ci. Elle décide d’enlever Carolyn, épouse d’un homme politique puissant, afin de faire pression sur ce dernier, qui est en mesure d’intervenir auprès de la pègre pour faire libérer son mari.

Les atmosphères enfumées des bars louches sont récurrentes dans ce polar pessimiste, et les orchestres de jazz ne cessent jouer des morceaux pour donner au film un aspect fidèle aux années durant lesquelles se déroule l’histoire. Une séquence de joute musicale entre deux saxophonistes retient particulièrement l’attention, de par sa longueur notamment (cette interruption dans la narration peut rappeler celles de la Nouvelle Vague). Par ailleurs, le contexte de corruption généralisée (Altman dresse ici un portrait au vitriol des milieux de pouvoir, qu’ils soient Blancs ou Noirs) nous est asséné comme un coup d’épée mortel, dont les plus pauvres ne se relèveront pas.

Kansas City de Robert Altman (1996). États-Unis / France. Avec Jennifer Jason Leigh, Miranda Richardson, Harry Belafonte. Disponible en DVD à la Médiathèque de la Communauté française.

Une autre bobine dézinguée dans Le Poiscaille #31