Les Liégeois veulent-ils d’une presse indépendante ?

Les Liégeois font ci, les Liégeois sont comme ça : au fil du temps, on aura tout entendu. Nous, ce qu’on se demande, c’est s’ils seront assez nombreux à être impliqués pour financer une presse satirique, indépendante et impertinente.

Je me souviens d’un mail, qui me disait que je pouvais venir à la réunion de rédaction. Ça se déroulait alors à la Taverne Saint-Paul et c’était la première réu’ que Séba-le-fondateur organisait. À cette époque, une adresse mail, c’est tout ce que possédait Le Poiscaille. Ça et une équipe bien décidée à créer son canard local de toute pièce, sans un rond. On se cotisait pour imprimer un 8 pages qu’on vendait 50 centimes (sic). L’idée : proposer autre chose, pousser à l’esprit critique, faire de l’info sérieuse mais accessible à tous. Au fil des mois, on se retrouvait au Kelly’s (devenu La Diode), à la Fédé, où il fallait ramener de quoi s’hydrater mais où il faisait plus calme, ou dans la petite salle du Fiacre (qu’on regrettera tous). Ils nous hébergeaient pour trois heures (parfois bien plus), nous voyaient débarquer à 25 ou à 6, selon les périodes. Si aujourd’hui on est une trentaine, il doit y avoir plus de cent valeureux scribouillards qui sont passés par nos colonnes. Tous, je crois, ont déjà eu ce sentiment au début du mois : être partagé entre l’envie d’abandonner devant la charge de travail bénévole incroyable qu’on se met sur les épaules et ce petit truc qui fait qu’on y revient quand même. En trois ans et demi (à cet âge-là, ça compte), on a réussi à s’embrouiller avec des riverains de Naimette, des conseillers communaux fâchés de notre (non-)pratique du off pour les grandes interviews, ou encore des squatteurs qui se sentaient stigmatisés. Et puis, des fois, on surprend quelqu’un qui se marre devant le portrait de Moreau ou plongé dans une lecture concentrée.

Le bénévolat

Et je ne parle pas des aspects économiques. Tout simplement parce qu’il n’y a aucun souvenir à raconter à ce niveau, si ce n’est qu’on a fini par se réveiller un jour avec un bordel immense dans notre farde « compta » et une fatigue pesante. Premières décisions pour continuer de progresser : passer bimestriel, resserrer l’équipe, viser l’oseille. Pour continuer à se faire plaisir, on doit sortir du bénévolat total, si possible avant qu’on ait tous 4 enfants à nourrir. Conséquences : on passe à 3,50 €, on donne une commission (0,50 €) aux points de vente, on simplifie les abonnements (formule unique d’un an pour 20 €). Il nous faut à présent augmenter le nombre de points de vente, d’abonnés, de « clients », comme ils disent. Et ça, lecteurs, ça passe aussi par vous. Prêter Le Poiscaille, le faire connaître, ça s’inscrit dans l’acte citoyen et engagé qu’on propose tous les deux mois : créer et soutenir une presse indépendante liégeoise. Évidemment, si personne ne nous suit dans notre délire, on se viandera. Mais ça sera avec panache et sans jamais avoir eu l’impression de se compromettre.

Pour nous soutenir, abonnez-vous !

Vous souhaitez nous vendre dans votre boutique ? Contactez-nous !

Pierre-Yves Hurel
Vice-Président de l’asbl Le Poiscaille.

Un commentaire sur ­« Les Liégeois veulent-ils d’une presse indépendante ? »

Les commentaires sont fermés