Exclusif : Lettre interne des gradés au CA de l’Intercommunale des Pompiers de Liège

Le 9 décembre 2013, les lieutenants et sous-lieutenants des Pompiers de Liège ont envoyé une lettre à leurs supérieurs, membres du Conseil d’Administration. Ils y décrivent une situation interne désastreuse. En attendant notre dossier de quatre pages dans Le Poiscaille n°40, voici une copie conforme de leur lettre.

 

 

Liège, le 9 décembre 2013

 

Mesdames et Messieurs les membres du CA de l’IILE,

 

Nous, lieutenants et sous-lieutenants à l’IILE, tenons à vous informer de notre position sur la crise sans précédent en Belgique que connaît notre service d’incendie.

Seul l’intérêt supérieur du service est à l’origine de notre démarche, comme c’était déjà le cas lorsque nous avons formulé notre motion de défiance envers le lieutenant-colonel Gilissen.

Notre analyse de la situation nous a permis d’aboutir à la conclusion qu’aujourd’hui, l’IILE connaît une triple crise, à la fois structurelle, managériale et opérationnelle, et que ces crises découlent l’une de l’autre.

D’abord et depuis longtemps, une crise structurelle…

À la tête de l’IILE, est placé(e) un(e) secrétaire général(e).

Dès lors, le service opérationnel est placé sous son autorité et sur un pied d’égalité avec les services logistique et administrative.

Le chef de corps n’étant pas à la tête de la structure, celle-ci ne lui donne pas le pouvoir nécessaire pour exercer sa fonction.

Pire, les dernières années nous donnent à penser que les organes supérieurs cherchent à ce que le poste de chef de corps soit attribué à un pion qu’ils pourront contrôler aisément, voire, si nécessaire, sacrifier comme un fusible.

Ensuite, une crise managériale, celle-ci découlant de la crise structurelle…

Une succession de chefs de corps faibles, sans réel pouvoir sur le fonctionnement de l’ensemble de l’organisation, a progressivement abouti à une perte de l’esprit de corps ainsi qu’à une démotivation quasi totale des sapeurs, gradés et officiers, ainsi qu’à une perte de confiance envers les organes de l’IILE, jusqu’à la situation de désorganisation que nous connaissons aujourd’hui.

Une crise opérationnelle, enfin, celle-ci découlant de la crise managériale…

Aujourd’hui, la sécurité de la population n’est plus assurée !

En réalité, l’état d’esprit du personnel s’étant détérioré depuis des années pour les raisons évoquées plus haut, il a suffit d’une succession de maladresses pour faire exploser la poudre.

En outre, nous pensions que les parties prenantes au conflit actuel feraient preuve d’un sens des responsabilités suffisamment développé que pour trouver une solution rapide.

Or, les faits nous ont démontré que tous, syndicats et organes de l’IILE, ont abordé ce conflit avec une attitude suicidaire et ont fait preuve d’une irresponsabilité criminelle en laissant la crise perdurer aussi longtemps.

Nous tenons également à préciser que, malgré notre compréhension des causes ayant provoqué une telle démonstration de force, nous ne cautionnons absolument pas les exactions commises par une frange extrémiste du personnel.

Nous restons à votre entière disposition pour rechercher avec vous une solution structurelle aux problèmes ayant abouti à cette situation dramatique.

Veuillez agréer, Mesdames et Messieurs les membres du conseil d’administration, l’expression de nos salutations les plus respectueuses,

Signée par 14 lieutenants et sous-lieutenants.

 

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