Celebrate good times, come on ! (Yahoo)

24 décembre, 18 heures. La famille est réunie pour l’apéro. Les verres s’enchaînent et tonton pose le sujet qui fâche, celui qui devait s’effacer derrière les sourires, les chansons et les cadeaux : le sujet politique. « Elles sont belles mes boules ou pas ? », crie Mamie depuis la cuisine pour tenter maladroitement de faire diversion. Deux blagues salaces et puis s’en vont, ça part en engueulade. Et ta gueule, puisque je te dis qu’on devrait pouvoir fumer partout. Et va donc te faire foutre avec tes éoliennes. Et vas-y qu’on finit forcément par te demander ton avis. Mais toi, t’es baisé : tu voudrais remettre le système à plat, libéralisme économique compris. De un, tes propositions demandent de ne pas être coupé pendant 40 secondes, ce qui est toujours plus dur à expliquer que « faut dégager les nwars ». De deux, t’es probablement un gauchiste-utopiste : comment tu veux faire sans la Chine-hein-connard ?

Pour la défense de ces personnes anti-antilibérales, elles ont probablement forgé cette opinion au contact des militants-qui-niquent-la-cause : ceux qui vivent antilibéral, mais qui font chier. Comme ce mec-en-sarouel. Il débarque toujours de nulle part et te parle de la Palestine pendant quatre heures sans respirer. Sans te (ni se) demander comment tu vas, si ton esprit brumeux du soir veut entendre ça. Il ressemble à cette femme qui organise des manifestations. Tu la retrouves à Bruxelles pour beugler tous en cœur contre Monsanto. Toi qui débutes, il te fallait bien le Satan-du-maïs pour sortir ton cul dans le froid. Et puis tu parles avec cette organisatrice, tu poses des questions et soudainement, t’as juste à fermer ta bouche et à écouter la vérité militante. Elle fait probablement partie des gens qui commentent jour après jour tous les liens facebook relatant des initiatives constructives avec le même foutu refrain : « Les gens sont des moutons », « malheureusement, il n’y a que peu de gens qui réfléchissent et sont éclairés » (sous-entendu, comme moi). T’as raison Timmy, insulte le passant, ça va l’aider à se remettre en question.

Toi, pendant les débats, tu voulais juste chercher des solutions à plusieurs, pour qu’on arrête de faire construire les jouets de nos enfants par des Chinois de douze ans. Tu te sens sale quand tu vois les images d’émeutes de ces inconnus-du-textile au Bangladesh, coincés dans leurs camps de travail pourraves. Tout le monde le condamnerait, d’ailleurs, s’il s’agissait d’un goulag dit totalitaire, orwellien, d’extrême droite ou d’extrême gauche.
Mais non, c’est le Marché-De-La-Consommation-Démocratique qui veut ça. Alors, de quoi on parle ? « Hum, elle est bonne ta tarte mamie ! »

Un commentaire sur ­« Celebrate good times, come on ! (Yahoo) »

  1. Marlène Gosset

    Il n’y a ni le ton, ni le sourire … donc je l’écris : « ceci est dit gentiment » 🙂
    Il me semble que les articles de Poiscaille laissent filtrer une grosse dose d’auto-apitoiment ?! Réagissons, mdr

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